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e-une Éditorial

Visions

Par Nadia SALAH    le : 09 mars 2016

Visions

   

CÉSAR s’en va; Giacometti arrive. On aura deviné qu’il s’agit des exceptionnelles expositions de sculptures qu’organise le Musée M6 de Rabat. On ne dira jamais assez la chance qu’a le public du Maroc de pouvoir accéder à un tel niveau de l’art contemporain.
Pendant ce temps, un autre évènement exceptionnel se tient à Marrakech, la Biennale. Et puis dans deux mois, ce sera Mawazine, les Musiques sacrées de Fès, et puis les Gnaoua… et puis, et puis…
Il n’y a pas si longtemps, on a vu des achats d’œuvres marocaines, de qualité muséale pour les établissements du Golfe, de France ou des Etats-Unis. Au point que les collectionneurs locaux avaient du mal à suivre les prix.
Personne n’a oublié le monstrueux succès de l’expo-Maroc à l’Institut du Monde arabe. Pourtant, ce n’était pas des compositions faciles. Pas d’œuvres simples non plus  au Louvre qui montrait un incroyable Maroc médiéval.
Les milieux de l’art sont sûrs d’avoir bénéficié de la discrète bienveillance du prince héritier, bienveillance qu’ils sont sûrs d’avoir conservée depuis qu’il a succédé à son père.
Ce n’est pas un sentiment anodin quand le ministère de la Communication, lui, s’empare de la moindre occasion pour censurer revues, films, articles et livres. On n’a pas vu un tel maelstrom d’interdictions depuis les années 1970, immédiatement sanctionné par un recul de la position de notre pays dans le monde.
Clairement, deux visions du Maroc s’affrontent ici: celle qui construit valeurs et image à partir de la créativité de ses habitants, et l’autre qui veut écraser le savoir-faire et l’imagination des Marocains. Et en plus, les références juridiques citées à l’appui de la censure sont fausses! Ce qui rend ipso facto cette deuxième vision du Maroc très dangereuse. La société civile et celle des créateurs ne doivent plus dormir que d’un œil!