Simple JQuery Modal Window from Queness
985732

Consultations politiques: Le boycott du RNI

Consultations politiques: Le boycott du RNI
Après ses sorties tonitruantes contre le PJD, le président du RNI a réuni son état major pour réagir aux jugements contre certains dirigeants du parti en relation avec les dernières élections de la Chambre des conseillers. Il a clairement «mis en garde contre l’exploitation de la justice au service d’un agenda politique» (Ph. Bziouat)

Rien ne va plus entre le RNI et le gouvernement. Le parti a décidé de boycotter les consultations politiques d’hier entre le ministre de l’Intérieur et les patrons des partis en vue de préparer les élections législatives du 7 octobre prochain. La décision a été prise par son bureau politique réuni lundi soir. Ainsi, la formation, présidée par Salaheddine Mezouar, entend protester contre les jugements qualifiés de sévères qui ont touché certains de ses dirigeants notamment dans le Souss.
Le parti a également critiqué le caractère sélectif de ces poursuites et s’interroge sur le contexte de l’activation de la procédure. Tout en exprimant sa confiance dans «l’intégrité de la justice et de son indépendance», le bureau politique du RNI affiche son soutien à ses dirigeants concernés par ces poursuites sur «la base de la conviction en leur probité et leur attachement aux valeurs démocratiques». Il s’agit notamment de Brahim Hafidi, président du Conseil de la région d’Agadir, condamné à 3 mois de prison avec sursis.
Mohamed Bouhdoud Boudlal, parlementaire,  qui a, quant à lui,  écopé de 4 mois avec sursis, d’une amende de 50.000 DH, avec l’inéligibilité durant deux mandats successifs. Quelques semaines auparavant, un autre dirigeant du RNI a été condamné à 8 mois de prison ferme. Il s’agit de Abdelkader Salama, parlementaire de la région de Nador à la Chambre des conseillers, qui a interjeté appel. Trois autres politiques de l’Istiqlal ont été également condamnés.
En tout cas, le RNI semble déclarer la guerre au PJD, notamment en mettant en garde contre l’exploitation de la justice au service d’un agenda politique. Cette «opération mains propres» a été lancée au lendemain de l’installation de la nouvelle version de la Chambre des conseillers, début octobre. 26 personnes étaient concernées par cette procédure dont 10 avaient décroché leurs sièges à la deuxième chambre. On leur reproche d’avoir utilisé l’argent pour acheter les voix des grands électeurs. Cette opération s’est basée sur des écoutes téléphoniques ordonnées par le juge d’instruction. Dès l’annonce du lancement de cette procédure, la Commission gouvernementale du suivi des élections avait publié la liste des noms épinglés.
Si les citoyens étaient satisfaits du renforcement du contrôle de l’opération électorale, cela a créé une véritable onde de choc dans la classe politique. Aujourd’hui, le RNI est le premier à réagir aux jugements qui concernent également des élus d’autres partis politiques.
Mohamed CHAOUI