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Grèce: La dette encore renégociée

Grèce: La dette encore renégociée
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a estimé que la Grèce et l'UE étaient désormais sur la même longueur d'onde en ce qui concerne le rythme des réformes, la situation du budget en 2016 et les besoins de financement budgétaires jusqu'en 2018. D’après Coface, la récession devrait se poursuive sur une partie de l’année du fait de l’impact durable du contrôle des capitaux, bien que celui-ci ait été assoupli à plusieurs reprises. Le ratio de la dette publique devrait atteindre un pic en 2016, dépassant les 190% du PIB

La question de l’allègement de la dette (qui frôle les 180% du PIB) sera remise sur la table des discussions entre la Grèce et ses créanciers. C’est ce qu’ont convenu les ministres des Finances de la zone euro lors de leur réunion  le 7 mars à Bruxelles. Ils ont donné aussi leur feu vert à un retour dès mardi à Athènes des représentants des créanciers (FMI, UE, BCE) pour poursuivre leur audit des réformes (TVA, retraite, fiscalité, système bancaire, privatisation,…) menées par le gouvernement grec.
Le Parlement grec a approuvé un certain nombre de ces réformes depuis l’été 2015. L’une des dernières en date concernant la réglementation des saisies immobilières, ce qui a ouvert la voie à la recapitalisation du secteur bancaire.
Pour les responsables européens, il existe un lien très fort entre l'allègement de la dette et les exigences budgétaires imposées en contrepartie du troisième plan d'aide. Aussi des efforts sont-ils encore nécessaires du côté grec pour se conformer aux demandes des institutions formulées en juillet 2015 lors de l'accord sur le plan d'aide de 86 milliards d'euros. Depuis un mois, les négociations butaient sur la réforme des retraites.
Le Fonds monétaire international a aussi accepté de revenir à Athènes en dépit de différends. Il exige pour s’y associer plus d’effort sur les retraites et un accord de la zone euro sur un allègement de la dette grecque. En l’état actuel des réformes, Athènes n'atteindrait pas l'objectif d'un excédent budgétaire primaire (hors charge de la dette) de 3,5% du PIB à l'horizon 2018, a averti l’équipe du FMI. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait accusé l’institution internationale de recourir à des «manœuvres dilatoires et à des évaluations arbitraires pour retarder son feu vert aux réformes». Alors qu'il y a, selon lui, «pour la première fois, des convergences importantes entre Athènes et les institutions européennes».
La Grèce reste engluée dans la récession pour la 7e année depuis la crise de 2008. Une crise due surtout aux mesures d'austérité imposées par ses créanciers.
En 2016, «la récession devrait se poursuive sur une partie de l’année du fait de l’impact durable du contrôle des capitaux, bien que celui-ci ait été assoupli à plusieurs reprises», relève Coface dans son appréciation du risque. L’hémorragie de capitaux a été stoppée, mais les dépôts bancaires ne se sont pas redressés, bien qu’Athènes se soit entendue, en août, avec ses créanciers internationaux sur un troisième plan d’aide. Cependant, le retour d’une certaine confiance, la recapitalisation du secteur bancaire et le redémarrage attendu des projets d’investissement devraient entraîner une reprise très progressive de l’activité. Cela ne se traduira pas, toutefois, par une hausse du PIB réel sur l’ensemble de l’année.
En dépit d’une tendance à la baisse, le taux de chômage, à près de 25%, reste très élevé. L’inflation, demeurée négative en 2015, du fait de la baisse des prix de l’énergie et de la faiblesse de la demande interne, devrait reprendre en 2016 avec le redémarrage progressif de l’activité.
F. Z. T.