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Fès/Transport public
Le maire et le délégataire sur la même longueur d’onde

Fès/Transport public Le maire et le délégataire sur la même longueur d’onde
Driss Azami El Idrissi, maire de Fès, et Ali Moutea, PDG de CityBus Transport, se sont fixé une nouvelle feuille de route pour améliorer les prestations du transport urbain. Les deux partenaires ont lancé ensemble la mise en circulation de nouveaux bus, mercredi dernier (Ph. YSA)

Après plusieurs mois de désaccords et de critiques, Driss Azami El Idrissi, maire de Fès, semble avoir trouvé un terrain d’entente avec Ali Moutea, patron du groupe City
Bus Transport. Pour rappel, lors de sa campagne électorale, en septembre 2015, Azami avait promis d’améliorer la gestion des secteurs névralgiques de la ville (le ramassage des ordures et le transport urbain entre autres). En janvier dernier, et après moult rencontres avec le délégataire du service du nettoiement, la mairie annonce une nouvelle feuille de route pour la propreté de la ville. Ce qu’elle ne réussissait pas en matière  de transport urbain, selon les propos du maire. Lors de la session du conseil communal tenue début février, Azami avait tiré à boulets rouges sur la société chargée du transport, estimant que «son service n’était pas à la hauteur des attentes de la population». Aujourd’hui, et après plusieurs tractations, un nouveau plan est lancé. Bâti sur la confiance entre les deux partenaires, ledit plan vise le renforcement de la flotte ainsi que la baisse des tarifs. «Pour le premier volet, la société City
Bus Fès, filiale du groupe City
Bus Transport a mis en circulation à partir du 2 mars 2016 de nouveaux autobus de dernière génération respectant l’environnement», indique le PDG du groupe. Et d’ajouter: «Ces véhicules sont équipés de machines à billettique électronique, caméras de vidéo surveillance et d’accès pour les handicapés». Il s’agit en fait de 6 bus neufs. Ils sont également munis de Wi-Fi gratuit pour offrir aux usagers du service une connexion optimale sur tous les itinéraires.

Pour célébrer leur mise en circulation, une cérémonie d’inauguration a été organisée, mercredi dernier, en présence de Essaid Zniber, wali de la région Fès-Meknès, Driss Azami, ainsi que plusieurs représentants des autorités locales, des élus et de la société civile. En plus de l’introduction des nouveaux bus, le délégataire a lancé de nouveaux services au profit de ses usagers. «Nous avons introduit les cartes magnétiques rechargeables et les cartes magnétiques d’abonnement», explique Moutea. Selon lui, «ces supports offrent aux usagers fassis des tarifs réduits». Concrètement, la carte rechargeable baptisée «Al Wafaa» fonctionne comme un portefeuille électronique. Elle offre à ses utilisateurs non seulement des tarifs préférentiels, mais aussi l’avantage d’un accès plus rapide au bus, un fonctionnement simple et la possibilité d’être utilisée par tous les membres de la famille. «A travers ces initiatives, City
Bus Fès continue d’œuvrer à l’amélioration de la mobilité urbaine dans la ville par le rehaussement de sa qualité de services», estime le management du groupe. Ce dernier a toujours recommandé une gestion concertée avec les élus et les autorités. A Fès, son entreprise a chamboulé le transport public avec des bus propres et un personnel en uniforme. Quatre ans après son entrée, City
Bus Fès a réformé la gestion du secteur en offrant un service de qualité. Avec les améliorations des prestations menées, le transporteur veut réconcilier les usagers avec le transport de masse. D’autant plus que les prix sont les plus bas sur le marché. Il y a des lignes à un dirham (symbolique). Ceci étant, la survie du délégataire, la réussite de son action et l’amélioration de son service exigent la lutte contre le transport clandestin ainsi que les actes de vandalisme. A ce titre, l’appui des autorités est vivement sollicité. En effet, l’augmentation du chiffre d’affaires du délégataire et l’amélioration de sa structure financière sont tributaires de l’élimination du transport clandestin, notamment sur les axes de Ouislane, la gare ferroviaire, Bensouda et Aouinat El Hajjaj. A cause du transport clandestin, la société accuse des pertes mensuelles de 3 à 4 millions de DH.

Un service social

Le groupe City
Bus Transport emploie quelque 3.000 salariés. Le transport urbain lui a été concédé, depuis 2012. A cette époque, la régie autonome de transport urbain de Fès (Ratuf) allait droit dans le mur. Chiffre d’affaires en baisse, déficit d’exploitation, des partenaires insolvables et un personnel en grève… La Ratuf ne payait même pas les cotisations salariales (CNSS, CMR). Pour éviter une crise du transport urbain, les autorités ont fait appel au privé. Privé grâce auquel le parc autobus a plus que doublé pour atteindre les 210 bus aujourd’hui, au lieu de 80 en 2012. Ceci, bien entendu, malgré les difficultés rencontrées et le service social (à perte) sur certaines lignes.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI