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Petit tour des biennales dans le monde

Petit tour des biennales dans le monde
Un panorama du poids des artistes invités à quelques biennales à travers le monde pour leur dernière édition. Celle de Marrakech faisant partie des plus prolifiques à ce sujet

Au cours des 20 dernières années, le phénomène biennale gagne du terrain. Si celle de Venise est la plus ancienne, datant de 1895, plein de petites nouvelles existent aujourd’hui à travers le monde. Il faut dire que le créneau est porteur pour ce type d’événement fédérateur et à portée internationale. Le Maroc suit ainsi la tendance mondiale d’attirer de plus en plus de touristes et de visiteurs grâce à ce type d’événement artistique. Un tourisme à haute valeur ajoutée. Avec les mêmes principes que la Biennale de Marrakech de promotion de l’art et de dialogue entre les générations et les nationalités, Casablanca a elle aussi son rendez-vous. Du 14 au 23 octobre 2016, la ville organise sa 3è Biennale internationale de l’art contemporain. Car le Royaume rayonne à l’étranger grâce à quelques stars. C’est donc l’opportunité pour des artistes locaux trop peu connus de se présenter au public et au marché, comme en 2014, où ils étaient 34 au total parmi la pléiade d’artistes internationaux venus de 48 pays différents. Une aubaine.

■ Venise, la plus ancienne
Si sa création date de 1893, l’Exposition internationale d’art de la cité de Venise est organisée en 1895 et prend le nom de Biennale en 1897. Des artistes vénitiens, italiens et internationaux étaient invités à exposer 2 œuvres inédites chacun. Cette première a reçu 200.000 visiteurs. Aujourd’hui, elle est considérée comme une des plus prestigieuses manifestations artistiques en Europe et dans le monde. En tant que fondation, elle organise différents événements entre art contemporain, musique, danse, architecture et cinéma comme la célèbre Mostra de Venise dont la première édition s’est déroulée lors de la 18è biennale. Des prix sont décernés pour toutes les manifestations organisées, dont le Lion d’or qui, pour l’exposition internationale d’art contemporain, récompense notamment la meilleure participation nationale.

■ Paris, la plus rebelle
Troisième biennale à voir le jour dans le monde, elle est créée en 1959 par le ministre d’Etat chargé des affaires culturelles de l’époque, André Malraux. Faute d’intérêt médiatique et donc de visibilité, cette Manifestation biennale et internationale des jeunes artistes s’arrête en 1985 pour reprendre en 2000. Temps d’organisation oblige, la 14è biennale de Paris a lieu en 2004 avec comme particularités de n’avoir ni exposition, ni commissaire d’exposition, ni œuvre d’art et donc pas de public. Organisée en réseau, la biennale de Paris constitue une masse critique composée de centaines d’initiatives. L’objectif: rendre visibles des actions jusque là isolées et sans impact. Chaque participant en devient alors partenaire décidant des conditions relatives aux activités qu’il propose. L’événement a lieu tous les 2 ans pendant 2 ans et se déroule dans le monde entier. La collection impermanente est une extension d’art mental de la biennale. Parmi un millier de pensées, on peut lire «L’expérience du musée peut paradoxalement être une expérience de l’absence d’art» ou «Les musées racontent l’histoire de nouveautés qui ne sont pas récentes». Ce qui peut donner le ton de l’événement.

■ Dakar, la plus africaine
Instituée depuis 1989 avec une 1ère édition dédiée aux Lettres en 1990, elle sera réservée à l’art contemporain lors de la 2è édition, devenant Dak’Art. Si au départ elle n’a pas accordé la priorité aux artistes africains, favorisant la rencontre d’expériences et de dialogue entre artistes et professionnels de divers horizons, elle se consacre dès 1996 à la création africaine contemporaine. Il s’agissait alors de marquer une identité vis-à-vis des autres biennales d’art contemporain et d’élargir les possibilités de promotion des artistes natifs du continent, faiblement représentés dans les grands événements artistiques internationaux.

■ Et les autres.

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En janvier 2016 s’est clôturée la 1ère Biennale des photographes du monde arabe contemporain. Une initiative conjointe de l’Institut du monde arabe et de la Maison européenne de la photographie. Il s’agissait de développer un panorama singulier des photographes qui opèrent depuis le début des années 2000, dans et sur le monde arabe. En Algérie, c’est à Oran que s’organise la Biennale méditerranéenne d’art contemporain. Sa 4è édition, intitulée Exode, aura lieu en juillet prochain. Venise, Paris et Sao Paulo étaient les mastodontes voilà 20 ans. Aujourd’hui, le syndrome biennale continue de gagner du terrain. Sur quelque 150 recensées, certains experts estiment à environ 30 biennales qui valent le détour et une dizaine qui se vivent comme indispensables. Parmi elles, toujours et encore Venise et Sao Paulo, Documenta en Allemagne, Istanbul, Lyon, Shanghai, Gwangju en Corée du Sud, La Havane, Dakar, Berlin, et dans la tendance actuelle Sharjah aux Émirats arabes unis ou Kochi en Inde.
Stéphanie JACOB