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Biennale de Marrakech
Qui met la main à la poche?

Biennale de Marrakech Qui met la main à la poche?
La 6è Biennale de Marrakech a rallongé son temps de présence, se clôturant le 8 mai 2016, mais aussi sa frontière en investissant la ville d’Essaouira. Du coup, ce sont près de 100.000 visiteurs qui sont attendus cette année. Pour financer tout ça, un record de sponsors, en majorité des Marocains, des mécènes et des partenariats en nature. Le tout relayé par plus de 130 supports média
Tout est gratuit cette année pour les visiteurs. En effet, cette 6è Biennale de Marrakech souhaitait rassembler une nouvelle assistance en plaçant l’art dans le domaine public. Ce n’est donc pas de ce côté qu’il faut trouver les 15 millions de DH nécessaires au financement des coûts associés à la production artistique, au soutien des artistes et aux frais généraux d’organisation. Ce sont plutôt les entreprises comme la Royal Air Maroc ou la Radeema, l’Etat et la ville et les mécènes privés qui mettent la main à la poche. C’est d’ailleurs la première année qu’autant de sponsors, en majorité des Marocains, ont répondu présent. Les fonds proviennent donc du ministère de la Culture, de la région et de la mairie, et en tête des sponsors privés, de Toyota, suivi de l’OCP, Saham assurance, la BMCE et Maroc Telecom pour les principaux. Plus les partenaires, entre galeries, établissements d’enseignement, fondations et organismes. Des partenariats en nature aussi, portés notamment par l’agence de communication Consensus, Dar Justo, la Mamounia, Royal Palm, Es Saadi ou le Naoura. Un parrainage, par le biais de billets VIP, vendus entre 200 et 450 euros, était proposé, offrant une entrée exclusive à l’événement et aux festivités, une visite spéciale de l’exposition avec la curatrice adjointe, et de luxueux services de conciergerie. Pourtant, le budget n’est pas bouclé.
Biennale de Marrakech Qui met la main à la poche?
Plus long en temps, plus de sponsors et de partenaires, des artistes plus nombreux également venus d’horizons divers, cette 6è biennale est également en croissance en termes de valeur médiatique
Comme l’explique la directrice administrative et financière, Claire Legoff, «nous sommes en train de négocier avec les entreprises qui nous soutiennent la mise en place d’un partenariat sur le moyen terme dès maintenant, les engageant sur 2 ou 3 ans, c’est-à-dire pour la prochaine biennale. Ce qui nous permettra d’assurer toute cette édition 2016». Les projets partenaires participent à enrichir la programmation. Il suffit seulement qu’ils correspondent au projet curatorial et à la mission de la Biennale. En tête, le festival Awaln’art, l’école de cinéma de Marrakech, l’ESAV, l’université Cadi Ayyad, l’Institut français, Cervantès, ou la résidence artistique Jardin Rouge Montresso en sont quelques uns. Enfin, s’agissant des lieux d’exposition, ce sont ceux du ministère de la Culture, de la Fondation nationale des musées et de la municipalité de Marrakech. Des lieux privés aussi comme L’Blassa, immeuble du centre de Guéliz appartenant à Hassan Benkirane, prêté gracieusement cette année encore.

Du côté des artistes, l’appel à projets lancé pour cette 6e édition a reçu plus de 300 candidatures provenant de 50 pays différents sur 4 continents. Le comité artistique, dans sa sélection, a souhaité privilégier des propositions pluridisciplinaires de jeunes artistes, principalement issus d’Afrique et du Monde arabe, et beaucoup de Marocains. Sur les 300 reçus, 30 ont été sélectionnés avec une forte prédominance de projets en arts visuels
Biennale de Marrakech Qui met la main à la poche?
Le “Stay Safe” de l’artiste Radhika Khimji, originaire d’Oman, est un parachute sculptural posé sur les murs du Palais Badii. Une manière à elle de parler des guerres contemporaines dans ce lieu historique. Une oeuvre représentative de l’esprit critique de cette édition sur la décolonisation (Ph. Mokhtari)
(vidéos, installations, photographies), 6 projets en arts vivants et 10 projets en espace public. La MB6 souhaitant fortement cette année révéler la scène locale.Rappelons que la Marrakech Biennale est une organisation à but non lucratif, placée en 2014 par le site artnet en 18è position du Top 20 des plus importantes biennales
dans le monde. Cette reconnaissance est due notamment à 2 particularités: d’être pluridisciplinaire et en 3 langues
(arabe, français et anglais). S’impliquant dans un engagement global de tous les segments de l’économie marocaine, un tel événement bénéficie à la fois aux établissements hôteliers, aux restaurants, aux entreprises de transport et à toute l’industrie locale.
Au total, ils sont 51 partenaires d’accueil pour cette édition. Il est également pour le Maroc tout entier l’occasion d’une efficace promotion à l’international, grâce à la participation de plus de 130 supports média. Entre les dépenses des visiteurs présents et les espoirs de les voir revenir, grossissant, pour ceux qui découvrent Marrakech pour la première fois, le vivier de potentiels touristes, l’impact économique global est estimé à près de 340 millions de DH.

Mission de démocratisation

Un premier programme d’accueil des scolaires est mis en place. Environ 3.000 élèves et plus de 70 instituteurs de 22 établissements publics de Marrakech et de sa région (Alouidane, Tassoultant, Tamesloht et Tahanaout) bénéficient de visites guidées des expositions. Et ce sont les étudiants de l’université Cadi Ayyad en Master Métiers de la Culture et Master of linguistic and Advanced English, qui vont jouer les guides. En effet, 20 étudiants-médiateurs parmi les 50 étudiants de l’université accueillis en stage à la biennale, ont suivi une formation à cet effet. Un voyage d’étude est également organisé pour un groupe de 25 étudiants de l’Institut national des Beaux-Arts de Tétouan et de 10 étudiants de l’Ecole Supérieure des Beaux arts de Casablanca.

Stéphanie Jacob